I - Catéchisme de l’Église catholique de 1992 :
 
  • Les offenses à la dignité du mariage

2380 - L’adultère. Ce mot désigne l’infidélité conjugale. Lorsque deux partenaires, dont l’un au moins est marié, nouent entre eux une relation sexuelle, même éphémère, ils commettent un adultère. Le Christ condamne l’adultère même de simple désir (cf. Mt 5, 27-28).

Le sixième commandement et le Nouveau Testament proscrivent absolument l’adultère (cf. Mt 5, 32 ; 19, 6 ; Mc 10, 12 ; 1 Co 6, 9-10). Les prophètes en dénoncent la gravité. Ils voient dans l’adultère la figure du péché d’idolâtrie (cf. Os 2, 7 ; Jr 5, 7 ; 13, 27).

 

2381 - L’adultère est une injustice. Celui qui le commet manque à ses engagements. Il blesse le signe de l’Alliance qu’est le lien matrimonial, lèse le droit de l’autre conjoint et porte atteinte à l’institution du mariage, en violant le contrat qui le fonde. Il compromet le bien de la génération humaine et des enfants qui ont besoin de l’union stable des parents.

 

  • Le divorce

2382 - Le Seigneur Jésus a insisté sur l’intention originelle du Créateur qui voulait un mariage indissoluble (cf. Mt 5, 31-32 ; 19, 3-9 ; Mc 10, 9 ; Lc 16, 18 ; 1 Co 7, 10-11). Il abroge les tolérances qui s’étaient glissées dans la loi ancienne (cf. Mt 19, 7-9).

Entre baptisés, " le mariage conclu et consommé ne peut être dissous par aucune puissance humaine ni pour aucune cause, sauf par la mort " (CIC, can. 1141).

 

2383 - La séparation des époux avec maintien du lien matrimonial peut être légitime en certains cas prévus par le Droit canonique (cf. CIC, can. 1151-1155).

Si le divorce civil reste la seule manière possible d’assurer certains droits légitimes, le soin des enfants ou la défense du patrimoine, il peut être toléré sans constituer une faute morale.

 

2384 - Le divorce est une offense grave à la loi naturelle. Il prétend briser le contrat librement consenti par les époux de vivre l’un avec l’autre jusqu’à la mort. Le divorce fait injure à l’Alliance de salut dont le mariage sacramentel est le signe. (…)

 

2385 - Le divorce tient aussi son caractère immoral du désordre qu’il introduit dans la cellule familiale et dans la société. Ce désordre entraîne des préjudices graves : pour le conjoint, qui se trouve abandonné ; pour les enfants, traumatisés par la séparation des parents, et souvent tiraillés entre eux ; pour son effet de contagion, qui en fait une véritable plaie sociale.

 

2386 - Il se peut que l’un des conjoints soit la victime innocente du divorce prononcé par la loi civile ; il ne contrevient pas alors au précepte moral. Il existe une différence considérable entre le conjoint qui s’est efforcé avec sincérité d’être fidèle au sacrement du mariage et se voit injustement abandonné, et celui qui, par une faute grave de sa part, détruit un mariage canoniquement valide (cf. FC 84).

 
II - Père Alain MATTHEEUWS, sj : Le lien demeure entre les époux séparés, divorcés.

Comme elle est enracinée dans le Christ, la petite église domestique (ecclesiola) qu’est la famille continue d’exister même si les conjoints sont séparés ou divorcés, car le Christ la porte en lui pour l’éternité. Le P. Alain MATTHEEUWS explique :

 

« L’ecclesiola existe même si ses membres ne se voient plus, ne s’aiment plus comme avant, n’expriment plus des sentiments d’amour mutuel. L’image de l’Église est brisée dans certaines de ses expressions, dans certains liens personnels, mais la réalité de l’Église demeure car elle a toujours dépassé ceux qui la constituaient. Il s’agit en effet du lien indestructible entre des baptisés et leur conjoint auquel ils ont dit « oui » un jour du temps. Le Christ lui-même veut et maintient toujours avec amour ce lien, même dans un mauvais état apparent. Il ne juge pas les personnes, Il voit comment l’amour, son amour, peut pénétrer encore et sauver cette réalité humaine et ecclésiale.

 

« Ce qui perdure, (…) c’est le Christ Lui-même, qui reste présent dans la relation sacramentelle posée un jour du temps de l’Église et du temps de l’homme. (…) La puissance personnelle de la divinité du Christ maintient la vérité du lien tout comme le Seigneur Dieu maintient, fortifie, renouvelle l’existence et la sainteté de son Église à laquelle il s’est lié pour toujours dans le temps.

 

« Ce qui perdure et demeure vivant dans l’ecclesiola divisée, c’est la personne du Christ. Il continue à se donner au couple comme couple, et il construit ainsi le corps de son Église en lui attestant toujours la possibilité et la réalité d’un pardon, d’une guérison, d’un salut. Quand la désunion apparaît, qu’elle prend corps, qu’elle s’exprime dans la séparation, dans le divorce, dans le remariage, quand l’amour des époux passe par la mort, le lien sacramentel en souffre, mais il demeure vivant dans la personne même du Christ. Le mystère pascal est à la racine de cette réalité. »

 

P. Alain MATTHEEUWS, sj, in Séparés, divorcés à cœur ouvert, Éditions Lethielleux Parole et Silence 2010, p. 138.

 

III - Saint Jean-Paul II : Personnes séparées, et divorcés non remariés, Familiaris consortio, 1981.
 

83. Divers motifs, tels l'incompréhension réciproque, l'incapacité de s'ouvrir à des relations interpersonnelles, etc., peuvent amener à une brisure douloureuse, souvent irréparable, du mariage valide. Il est évident que l'on ne peut envisager la séparation que comme un remède extrême après que l'on a vainement tenté tout ce qui était raisonnablement possible pour l'éviter.

La solitude et d'autres difficultés encore sont souvent le lot du conjoint séparé, surtout s'il est innocent. Dans ce cas, il revient à la communauté ecclésiale de le soutenir plus que jamais, de lui apporter estime, solidarité, compréhension et aide concrète afin qu'il puisse rester fidèle même dans la situation difficile qui est la sienne; de l'aider à cultiver le pardon qu'exige l'amour chrétien et à rester disponible à une éventuelle reprise de la vie conjugale antérieure.

Le cas du conjoint qui a été contraint au divorce est semblable lorsque, bien conscient de l'indissolubilité du lien du mariage valide, il ne se laisse pas entraîner dans une nouvelle union, et s'emploie uniquement à remplir ses devoirs familiaux et ses responsabilités de chrétien. Alors, son témoignage de fidélité et de cohérence chrétienne est d'une valeur toute particulière pour le monde et pour l'Église ; celle-ci doit plus que jamais lui apporter une aide pleine de sollicitude affectueuse, sans qu'il y ait aucun obstacle à son admission aux sacrements.

 

20 - De nos jours, témoigner de la valeur inestimable de l'indissolubilité du mariage et de la fidélité conjugale est, pour les époux chrétiens, un des devoirs les plus importants et les plus pressants. C'est pourquoi, en union avec tous mes Frères qui ont participé au Synode des Évêques, je loue et j'encourage tous les couples, et ils sont nombreux, qui au milieu de grandes difficultés gardent et font grandir ce bien qu'est l'indissolubilité: ils assument ainsi, d'une manière humble et courageuse, la tâche qui leur a été donnée, d'être dans le monde un «signe» - signe discret et précieux, parfois soumis à la tentation, mais toujours renouvelé - de la fidélité inlassable de l'amour de Dieu et de Jésus-Christ pour tous les hommes, pour tout homme.

Et il faut aussi reconnaître le prix du témoignage des époux abandonnés par leur conjoint qui, grâce à leur foi et à leur espérance chrétiennes, n'ont pas contracté une nouvelle union: ils rendent ainsi un authentique témoignage de fidélité dont le monde d'aujourd'hui a tant besoin. C'est pourquoi les pasteurs et les fidèles de l'Église doivent les encourager et les aider à persévérer dans ce sens.

 
IV - Synode sur la famille de 2014 :
 

47. Un discernement particulier est indispensable pour accompagner, sur le plan pastoral, les personnes séparées, divorcées ou abandonnées.

La souffrance de ceux qui ont subi injustement la séparation, le divorce ou l’abandon doit être accueillie et mise en valeur, de même que la souffrance de ceux qui ont été contraints de rompre la vie en commun à cause des mauvais traitements de leur conjoint. 

Le pardon pour l’injustice subie n’est pas facile, mais c’est un chemin que la grâce rend possible. D’où la nécessité d’une pastorale de la réconciliation et de la médiation, notamment à travers des centres d’écoute spécialisés qu’il faut organiser dans les diocèses.  

De même, il faut toujours souligner qu’il est indispensable de prendre en charge, d’une manière loyale et constructive, les conséquences de la séparation ou du divorce sur les enfants qui sont, dans tous les cas, les victimes innocentes de cette situation. Ils ne peuvent pas être un “ objet ” qu’on se dispute et il convient de chercher les formes les meilleures leur permettant de surmonter le traumatisme de la scission familiale et de grandir de la manière la plus sereine possible. En tout cas, l’Église devra toujours mettre en relief l’injustice qui dérive souvent d’une situation de divorce.

Une attention spéciale doit être accordée à l’accompagnement des familles monoparentales, en particulier il faut aider les femmes qui doivent porter seules la responsabilité de la maison et de l’éducation des enfants.

 

50. Les personnes divorcées mais non remariées, qui sont souvent des témoins de la fidélité conjugale, doivent être encouragées à trouver dans l’Eucharistie la nourriture qui les soutienne dans leur état. La communauté locale et les Pasteurs doivent accompagner ces personnes avec sollicitude, surtout quand il y a des enfants ou qu’elles se trouvent dans de graves conditions de pauvreté.

 
V - Autres textes :

On trouve de nombreux autres textes, notamment de Saint Jean-Paul II, du Cardinal G. Danneels, de Mgr J. Jullien, etc. dans Paul SALAÜN "Séparés, divorcés, une possible espérance" pp. 179 à 213.

 
VI - Bibliographie :
  • Paul SALAÜN "Séparés, divorcés, une possible espérance" Éditions Nouvelle Cité 1990.

I - La passion des séparés, divorcés                                                                            

II- Douze témoignages                                                                                                    

III – Les chrétiens séparés, divorcés dans l’Église.

 

  • Paul SALAÜN "Séparés, divorcés, le chemin du pardon" Éditions Nouvelle Cité 1992.

I – Les obstacles à surmonter : blessures et péchés.

II – Le pardon c’est la perfection de l’amour.

Ces 2 livres ne se trouvent plus en librairie ; on peut les consulter sur ce site.

 

  • Thierry MAUCOUR "J’ai choisi de lui rester fidèle" Éditions Mame EDIFA, 2006.

 

  • Sous la direction du P. Alain BANDELIER "Séparés, divorcés à cœur ouvert" Éditions Lethielleux Parole et Silence 2010.