1. L’Église est-elle bien placée pour parler d’amour ?

La société a une conception réductrice de l’amour. Elle le réduit au sentiment, voire à la sexualité. L’Église a une conception bien plus élevée de l’amour, et elle peut en parler, car « Dieu est Amour « (1 Jn 4,8).

« Dieu, qui a créé l’homme par amour, l’a aussi appelé à l’amour, vocation fondamentale et innée de tout être humain. Car l’homme est créé à l’image et à la ressemblance du Dieu (cf. Gn 1, 27) qui est lui-même Amour (cf. 1 Jn 4, 8. 16). Dieu l’ayant créé homme et femme, leur amour mutuel devient une image de l’amour absolu et indéfectible dont Dieu aime l’homme. Il est bon, très bon, aux yeux du Créateur (cf. Gn 1, 31). Et cet amour que Dieu bénit est destiné à être fécond (cf. Gn 1, 28). » (CEC 1604)

 

2. Cela est bien beau ; mais l’Église n’a-t-elle pas eu une attitude négative vis-à-vis de la sexualité ?

À certaines époques, sans doute. Que l’on pense par exemple au jansénisme et au puritanisme. Mais en réalité ce que dénonçait l’Église, ce n’est pas la sexualité, c’est le mauvais usage que les hommes en font, en dehors du mariage (fornication, adultère, inceste, pédophilie ; cf. CEC 2380, 2387 à 2391)), et parfois même en la coupant de l’amour (pornographie, prostitution, viols) (cf. CEC 2354 à 2356).

Pour l’Église, la sexualité est belle quand elle est intégrée dans l’amour, et l’amour dans le mariage : « Les actes qui réalisent l’union intime et chaste des époux sont des actes honnêtes et dignes. Vécus d’une manière vraiment humaine, ils signifient et favorisent le don réciproque par lequel les époux s’enrichissent tous les deux dans la joie et la reconnaissance. » (GS 49 § 2)

 

3. L’Église n’a-t-elle pas tendance à considérer l’amour comme un devoir ? L’amour est un sentiment qui ne se commande pas !

C’est ce que pensent nos contemporains, en particulier les jeunes, dans notre société hédoniste et permissive ! Le sentiment, certes, est une composante essentielle de l’amour, mais l’amour ne s’y réduit pas !

L’amour fait appel à l’intelligence, qui permet de discerner ce qui est bien pour soi, pour l’autre, pour le couple, pour les enfants. Il mobilise aussi la volonté qui rend capable de se dévouer pour l’autre, même quand c’est difficile : quand le conjoint est malade, au chômage, ou tout simplement quand il n’a pas très bon caractère… Aimer c’est vouloir le bien du conjoint et se dévouer pour lui. (Cf. Benoît XVI, Encyclique Deus Caritas est 6)

 

4. Qu’est-ce que la foi apporte de plus à l’amour humain ?

Tout d’abord elle l’oriente vers sa source, qui est Dieu (cf. Q 1).

Ensuite les chrétiens qui s’aiment dans le Seigneur participent déjà à ce bonheur d’aimer qui n’existe parfaitement qu’en Dieu (cf. Q 1), et Dieu leur donne, par son Esprit, la capacité de surmonter toutes leurs difficultés (cf. FC 19 § 3).

Enfin la foi oriente l’amour humain vers sa fin : à notre mort nous sommes destinés à vivre une éternité d’amour et de béatitude en Dieu.

 

5. Alors les chrétiens qui s’aiment devraient être parfaits !

Jésus les y appelle (cf. Mt 5,48). Mais, malgré le baptême nous gardons en nous les mauvaises graines du péché : « Tout homme fait l’expérience du mal, autour de lui et en lui-même. Cette expérience se fait aussi sentir dans les relations entre l’homme et la femme. De tout temps, leur union a été menacée par la discorde, l’esprit de domination, l’infidélité, la jalousie et par des conflits qui peuvent aller jusqu’à la haine et la rupture. » (CEC 1606 ; cf. FC 21 § 6)

« Pour guérir les blessures du péché, l’homme et la femme ont besoin de l’aide de la grâce que Dieu, dans sa miséricorde infinie, ne leur a jamais refusée (cf. Gn 3, 21). Sans cette aide, l’homme et la femme ne peuvent parvenir à réaliser l’union de leurs vies en vue de laquelle Dieu les a créés " au commencement ". » (CEC 1608)

 

6. Certains n’y arrivent pas et se séparent !

Peut-être n’ont-ils pas assez compté sur la grâce de Dieu…

En outre certains portent en eux des souffrances psychologiques profondes, dues à de graves carences affectives durant leur enfance, à un environnement insécurisant, à un rejet, à un abandon, à des violences, à des abus sexuels… Toutes ces blessures doivent être guéries pour que la personne puisse aimer en vérité, et le secours des « psys » s’avère souvent nécessaire.

 

7. Si c’est Dieu qui a créé le couple et la famille, comment se fait-il qu’il y ait tant de difficultés dans les couples et les familles ?

À cause de la liberté de l’homme, des blessures et des péchés ; mais par-delà ceux-ci, à cause de l’action d’un être maléfique, le « diable » – c’est-à-dire le « diviseur » -, révolté contre Dieu avec ses démons (cf. CEC 391-395), et acharné à détruire les couples et les familles (cf. CEC 400). C’est lui qui inspire tous les péchés contre l’amour et la famille tels qu’ils ont été voulus par Dieu, et qui inspire les mentalités et les lois qui dénaturent l’amour et le mariage.

Satan tente tout le monde, et profite de toutes nos failles : tendances au péché et blessures psychoaffectives. Mais il a une emprise plus grande sur tous ceux qui s’adonnent à l’occulte : divination, magie, spiritisme, sorcellerie, etc. (Cf. CEC 2116 – 2117), et surtout sur ceux qui ont fait un pacte avec lui : ils ont besoin d’un exorcisme pour en être libérés (cf. CEC 1673).

Les chrétiens ne peuvent faire l’économie du combat spirituel pour vaincre le diviseur et pour aimer toujours mieux et davantage (cf. Ép 6,10-17 ; CEC 405 à 409). Seul Jésus peut nous aider à vaincre le mal en nous, et seul l’Esprit Saint nous arme par ses dons pour le combat spirituel. L’Église les soutient par sa prière, et surtout grâce aux sacrements.

 

Avertissement du Pape François :                                                                

Le pape s'est tourné vers les familles, « l’Église domestique, où Jésus grandit dans l'amour des époux, dans la vie des enfants ». Il a mis en garde : « l'ennemi attaque tant la famille, le démon ne la veut pas et cherche à la détruire, car il cherche à faire en sorte qu'il n'y ait pas d'amour... ». « Cherchez l’unité car l’unité vient de l'Esprit Saint... La division vient du démon. Fuyez les luttes internes, s'il vous plaît ! Qu'il n'y en ait pas entre vous ! » (Au Renouveau charismatique le 31 mai 2014)