1. Le divorce provoque de nombreuses et graves souffrances. L’Église n’en rajoute-t-elle pas par son attitude ?

Il y a tellement de catholiques divorcés que l’Église ne peut ignorer toutes les souffrances qu’ils endurent. Elle est « comme un hôpital de campagne » (Pape François), et s’efforce de soulager ceux qui sont dans cette situation.

Spirituellement elle les aide à trouver un sens à leur épreuve, et les invite à unir leur passion à celle de Jésus pour recevoir de lui, par la grâce du sacrement du mariage, la force de porter leur douloureuse croix. (cf. Paul SALAÜN, La passion des séparés, divorcés, première partie de Séparés, divorcés, une possible espérance.)

 

2. Pourquoi l’Église est-elle si intransigeante vis-à-vis du divorce ?

Elle est fidèle à la Parole de Jésus qui a clairement dénoncé le divorce comme contraire au dessein du Créateur.

« Le Seigneur Jésus a insisté sur l’intention originelle du Créateur qui voulait un mariage indissoluble (cf. Mt 5, 31-32 ; 19, 3-9 ; Mc 10, 9 ; Lc 16, 18 ; 1 Co 7, 10-11). Il abroge les tolérances qui s’étaient glissées dans la loi ancienne (cf. Mt 19, 7-9). » (CEC 2382)

« Le divorce est une offense grave à la loi naturelle. Il prétend briser le contrat librement consenti par les époux de vivre l’un avec l’autre jusqu’à la mort. Le divorce fait injure à l’Alliance de salut dont le mariage sacramentel est le signe. » (CEC 2384)

Le fait que le divorce soit très répandu et banalisé dans notre société occidentale ne lui enlève pas son caractère immoral.

 

3. Ce jugement est dur pour les divorcés !

L’Église juge les faits, et non les personnes, dont elle connaît les souffrances.

Elle sait aussi qu’il faut bien discerner les situations : « Il se peut que l’un des conjoints soit la victime innocente du divorce prononcé par la loi civile ; il ne contrevient pas alors au précepte moral. Il existe une différence considérable entre le conjoint qui s’est efforcé avec sincérité d’être fidèle au sacrement du mariage et se voit injustement abandonné, et celui qui, par une faute grave de sa part, détruit un mariage canoniquement valide (cf. FC 84). » (CEC 2386)

 

4. Dans le cas des personnes qui subissent le divorce, l’Église ne pourrait-elle pas être plus tolérante ?

Elle est pleine de miséricorde pour ces personnes (cf. I), malgré des réactions individuelles regrettables. Elle affirme même que « si le divorce civil reste la seule manière possible d’assurer certains droits légitimes, le soin des enfants ou la défense du patrimoine, il peut être toléré sans constituer une faute morale. » (CEC 2383)

 Mais elle ne peut admettre le divorce en tant que tel, à cause de l’indissolubilité du lien.

 

5. Alors, que propose l’Église aux catholiques divorcés ?

Saint Jean-Paul II l’a exprimé clairement. Après avoir appelé la communauté ecclésiale à soutenir les catholiques séparés (cf. V Q 8), il poursuit : « Le cas du conjoint qui a été contraint au divorce est semblable (à celui des conjoints séparés) lorsque, bien conscient de l'indissolubilité du lien du mariage valide, il ne se laisse pas entraîner dans une nouvelle union, et s'emploie uniquement à remplir ses devoirs familiaux et ses responsabilités de chrétien. Alors, son témoignage de fidélité et de cohérence chrétienne est d'une valeur toute particulière pour le monde et pour l'Église. » (FC 83 § 3)

 

6. Appeler les divorcés à renoncer à une nouvelle union est irréaliste dans notre société !

Il est vrai que la tentation est grande dans notre société, et que, a dit Jésus, « la chair est faible ». Aussi il ajoutait : « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation » (Mt 26,41). Il est sûr qu’un catholique tiède, mondain, aura du mal à résister à la tentation du remariage ! Par contre un catholique fervent qui supplie le Christ du sacrement du mariage de lui donner la grâce de la fidélité, grâce reçue dans le sacrement du mariage, celui-là la recevra, beaucoup en donnent le témoignage. (cf. les beaux témoignages dans Alain BANDELIER, Séparés, divorcés à cœur ouvert ; et celui de Thierry MAUCOUR, J’ai choisi de lui rester fidèle.)

 

7. Cela est réservé à une élite !

Dans l’Église, il n’y a pas deux catégories de chrétiens : les purs qui respectent la loi dans son intégralité, et les autres qui adaptent la loi à leur médiocrité ou à leurs difficultés. Ce serait adopter la gradualité de la loi que dénonçait saint Jean-Paul II, « comme s'il y avait, dans la loi divine, des degrés et des formes de préceptes différents selon les personnes et les situations diverses. Tous les époux sont appelés à la sainteté dans le mariage, selon la volonté de Dieu » (FC 34 § 4). Tous les séparés et divorcés sont appelés à la sainteté, au pardon et à la fidélité, si du moins leur mariage sacramentel est valide. Pour vivre cela, ils ont besoin d’un profond enracinement spirituel et d’un soutien fraternel solide.

 

8.Qui leur apporte ce soutien fraternel ? Les divorcés ont souvent l’impression de ne pas être accueillis…

C’est vrai que, malgré les appels des Papes, nos communautés ne sont pas assez accueillantes, alors que les séparés et divorcés vivent une situation tellement difficile. Mais depuis quelques années sont nées des initiatives et des groupements spirituels qui apportent un soutien précieux aux séparés et divorcés non remariés : Renaissance pour les femmes, et, pour hommes et femmes, la communion Notre-Dame de l’Alliance, Cana Espérance, Amour et Vérité parents seuls, équipes Reliance, week-ends aux Béatitudes, etc. (cf. XII).

 

9.Les catholiques divorcés sont-ils excommuniés ?

En aucun cas. En tant que baptisés, ils restent membres du Corps du Christ, appelés à la sainteté, membres de l’Église appelés à participer à sa vie.

 

10.Peuvent-ils recevoir les sacrements de réconciliation et d’Eucharistie ?

S’ils vivent ce que l’Église leur demande (cf. Q 5), « s’ils ne se laissent pas entraîner dans une nouvelle union » (FC 83), il n’y a aucun obstacle à leur participation à ces sacrements. Ils y puisent la force de vivre le pardon et la fidélité à leur conjoint.