1. Tous les séparés et divorcés sont-ils condamnés par l’Église à rester seuls ?

Il s’agit non pas d’une condamnation, mais d’une exigence d’amour et de fidélité au Christ Époux éternellement fidèle à l’Église.

Si un(e) catholique souhaite se marier de nouveau, il est important qu’il (elle) se pose la question de la validité de son mariage.

 

2. C’est ce qu’on appelle « l’annulation » du mariage.

Attention : si un mariage est valide, l’Église ne peut en aucun cas l’annuler, à cause du lien du mariage qui est indissoluble (cf. IV Q 8 ; CIC 1134)).

Elle parle de dissolution pour les mariages non consommés et pour les mariages non sacramentels entre un baptisé et une personne qui ne l’est pas (cf. CIC 1141 à 1150). Sinon, pour les mariages sacramentels, elle peut étudier leur validité, et éventuellement prononcer leur nullité, dès le départ, pour des raisons graves.

 

3. Quelles sont ces raisons ?

Il y en a trois. La première est un empêchement.

Par exemple une personne qui est déjà validement mariée ne peut pas se remarier. Ou bien quelqu’un qui a fait vœu de célibat (religieux, religieuse, prêtre) ne peut se marier. Le Code de droit canonique énumère un certain nombre d’autres empêchements (cf. CIC 1073 à 1094 ; et les livres du P. Jacques VERNAY)

 

4. Pourtant l’Église autorise les prêtres qui quittent le sacerdoce à se marier… C’est choquant !

Il y a certes une affinité entre le sacerdoce et le célibat ; mais le célibat du prêtre n’est pas lié par nature au sacerdoce. « C’est pourquoi, dans le cas du célibat des prêtres, la miséricorde de l’Église dispose d’une liberté dont elle ne jouit pas dans le cas du mariage indissoluble. S’il y a donc un doute sérieux sur la liberté et la maturité de l’engagement au célibat, l’Église, après enquête, peut accorder à un prêtre la dispense du célibat et l’autoriser ainsi à se marier religieusement, mais toujours en lui demandant alors de renoncer à l’exercice du ministère sacerdotal. » (Mgr A.-M. LÉONARD, Séparés, divorcés, divorcés remariés, l’Église vous aime, p.82)

 

5. Quelle est la deuxième raison pour laquelle un mariage peut être nul ?

La seconde, et de beaucoup la plus fréquente, est un vice du consentement. Le consentement des époux est essentiel, car c’est lui qui crée le mariage (cf. III Q 7)

Ce consentement doit être libre. Si ce n’est pas le cas, le mariage est nul. (Il en est de même dans le droit civil.) Cela arrive rarement dans notre société aujourd’hui pour la pression des parents (mais une longue cohabitation avec enfants peut toucher à la liberté).

En outre ce consentement doit être donné aux trois autres fondements du mariage (cf. III Q 8). Si, par exemple, l’époux se réserve le droit de garder une maîtresse et d’être ainsi adultère ; ou s’il refuse l’indissolubilité et ne se marie que pour un temps ; ou s’il refuse totalement de donner la vie à des enfants, alors il refuse un des fondements essentiels du mariage, et celui-ci n’est pas valide.

 

6. Comment peut-on savoir que quelqu’un, en se mariant, refuse l’un ou l’autre de ces points ?

C’est là que l’on voit la nécessité d’une sérieuse préparation au mariage !

Dans un procès en nullité, ce sont les témoignages des conjoints et de leurs proches qui doivent permettre au juge de faire la vérité sur le consentement, grâce à une enquête sérieuse.

 

7. Les difficultés des couples qui les ont conduits à l’échec ne suffisent-elles pas pour démontrer la nullité de ces mariages ?

Les difficultés ne suffisent pas à démontrer la nullité d’un mariage (cf. II Q 5,6); mais elles peuvent être révélatrices de graves défaillances d’un conjoint (ou des deux) au moment du mariage. Certains peuvent rapidement manifester une maladie psychique qui n’avait pas été diagnostiquée (par exemple une schizophrénie, un trouble bipolaire), ou un comportement gravement perturbé suite à une consommation ancienne et abusive d’alcool ou de drogue. D’autres, comme dans les pathologies de caractère (par exemple les pervers narcissiques) s’avèrent incapables de parvenir à une relation interpersonnelle vraie avec leur conjoint, ou d’assumer leur vie sexuelle (problème d’homosexualité, par exemple).

Le code de droit canonique formule ainsi ces motifs de nullité :                                             « Can. 1095 - Sont incapables de contracter mariage les personnes

  1. qui n'ont pas l'usage suffisant de la raison;

  2. qui souffrent d'un grave défaut de discernement concernant les droits et les devoirs essentiels du mariage à donner et à recevoir mutuellement;

  3. qui pour des causes de nature psychique ne peuvent assumer les obligations essentielles du mariage. »

La majorité des cas de nullité de mariage en France (700 à 800 chaque année) relèvent de ces motifs. (Le Code de droit canonique énumère d’autres vices du consentement aux canons 1096 à 1106)

 

8. Compte tenu de l’immaturité des jeunes qui se marient aujourd’hui, il doit y avoir beaucoup de mariages nuls !

Certainement plus qu’autrefois ! Mais attention : les difficultés et l’échec ne prouvent pas à eux seuls la nullité d’un mariage ! Il faut qu’il y ait eu un vice du consentement, ou une incapacité à assumer l’engagement pris le jour du mariage. Seule l’Officialité, après une enquête sérieuse, est habilitée à déclarer nul un mariage.

 

9. Quel est le troisième motif de nullité d’un mariage ?

C’est un vice de forme. Il faut que le mariage ait été célébré comme le demande l’Église, sinon il n’est pas valide. Cela arrive très rarement de nos jours !

 

10.   Comment faire si l’on veut demander une reconnaissance de nullité de son mariage ?

Il faut s’adresser à l’Officialité de son diocèse, qui indiquera la démarche à suivre. On peut trouver des explications claires dans l’excellent vade-mecum des procédures de reconnaissance de nullité sur le site internet de l’Officialité de Lyon, et dans les livres du P. Jacques VERNAY (cf. XI Bibliographie ; et XII : dans notre diocèse).