VIVRE LE SACREMENT DE L'ALLIANCE
II. JÉSUS RÉALISE L’ALLIANCE AVEC DIEU
ET NOUS Y INVITE
 

3. Notre entrée dans l’Alliance au baptême

 

Le projet d’amour de Dieu, depuis les origines, est que les hommes entrent dans son Alliance afin qu’en vivant totalement dans l’amour, ils parviennent au bonheur. Aujourd’hui c’est le baptême qui nous permet d’entrer dans cette Alliance : Dieu nous pardonne alors tous nos péchés, fait de nous les membres du Corps du Christ et nous intègre dans l’Église, Épouse du Christ.

 

La confiance

 

À l’origine, Dieu a fait une telle confiance à l’homme qu’il l’a créé libre, et Adam lui répondait par une confiance parfaite qui le rendait heureux.

Malheureusement, trompé par Satan, l’homme a cédé à la méfiance, a gravement péché et s’est coupé de Dieu.

Jésus, le nouvel Adam, a annulé la désobéissance d’Adam en faisant à Dieu une confiance parfaite, et en lui obéissant jusqu’à mourir sur la croix pour nous sauver.

À ses côtés, Marie, la nouvelle Ève, a tenu ferme dans la foi au pied de la croix, et ainsi est entrée la première dans la nouvelle Alliance scellée dans le sang du Christ.

Depuis cette heure, l’homme a la possibilité d’échapper à la méfiance envers Dieu, suscitée par le diable, et d’être sauvé, par grâce, en participant à la foi de Marie en Jésus notre Rédempteur. « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. » (Ép. 2,8)

 

Cette foi, qui est nécessaire pour le baptême, nous est donnée par Dieu et transmise par l’Église. « C’est le peuple de Dieu, c’est-à-dire l’Église, qui transmet et nourrit la foi reçue des apôtres. C’est à lui que revient en premier lieu le soin de préparer au baptême et de former les chrétiens. C’est par le ministère de l’Église que les adultes reçoivent de l’Esprit Saint l’appel vers l’Évangile, et c’est dans la foi de l’Église que les enfants sont baptisés. » [1]

 

Par sa mort et sa résurrection, Jésus a triomphé de Satan, et a associé Marie à sa victoire (cf. Ap 12). Au baptême, nous proclamons notre foi en la victoire du Christ sur lui, et renonçons à Satan et à ses œuvres, notamment de division ; par l’exorcisme, nous sommes libérés de toute emprise démoniaque sur nous.

Tout au long de notre vie, notre foi reste notre arme principale contre l’ennemi. Saint Pierre nous exhorte : « Veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui avec la force de la foi. » (1 P 5,8-9) Et saint Paul aussi : « Ne quittez jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d’éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais. » (Ép 6,16)

 

Satan écarté, toujours par la foi nous recevons le pardon de nos péchés. Nous ne naissons pas immaculés comme Marie : en venant au monde, nous sommes tous marqués par le péché originel. « La justice de Dieu, donnée par la foi en Jésus Christ, est offerte à tous ceux qui croient. En effet, il n’y a pas de différence : tous les hommes ont péché, ils sont privés de la gloire de Dieu, et lui, gratuitement, les fait devenir justes par sa grâce, en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus. » (Rm 3,22-24)

Par la foi en Jésus, au baptême nous recevons le pardon de tous nos péchés, du péché originel, et de tous nos péchés personnels si nous en avons commis avant. [2]

 

Cette justification est un fruit essentiel du baptême ; ne proclamons-nous pas dans le credo : « Je crois en un seul baptême pour le pardon des péchés » ? Mais il y a plus : nos péchés pardonnés, nous devenons fils adoptifs du Père, et membres du Corps du Christ. « Tous, dans le Christ Jésus, vous êtes fils de Dieu par la foi. En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ. » (Ga 3,26-27)

 

Cette union à Jésus qui se réalise au baptême a une force extraordinaire et est éternelle. Le catéchisme le précise : « Incorporé au Christ par le Baptême, le baptisé est configuré au Christ (cf. Rm 8, 29). Le Baptême scelle le chrétien d’une marque spirituelle indélébile (" character ") de son appartenance au Christ. Cette marque n’est effacée par aucun péché, même si le péché empêche le Baptême de porter des fruits de salut (cf. DS 1609-1619).» [3]

Nous devrons nous en souvenir quand nous parlerons du lien du mariage ; en effet, les deux baptisés qui se marient en Jésus sont déjà unis au Christ par ce character [4], si bien que le lien du mariage s’en trouve lui aussi conforté et est de ce fait indissoluble.

 

La foi est un don du Saint-Esprit qui nous est fait au baptême : c’est une des trois vertus théologales [5] qui sont les piliers de notre vie spirituelle dans l’Alliance avec Dieu.

La foi nous est donnée en germe et devra croître durant toute notre vie. Cela n’ira pas sans un combat spirituel, au sein de notre monde paganisé et athée. Et les blessures dans nos relations humaines, au niveau de la confiance, retentiront aussi sur notre foi en Dieu. Par exemple, lorsque des époux sont abandonnés par leur conjoint, que leur confiance a été trahie, il n’est pas rare que certains en veuillent à Dieu et se détournent de lui. C’est l’inverse qu’il faut faire : enracinés dans la foi au Dieu fidèle, nous pouvons surmonter toutes les épreuves, et redonner notre confiance même à ceux qui la trahissent.

 

Gardons donc confiance en Dieu, et, enracinés dans la foi, rendons grâce à Dieu avec saint Pierre : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure. Cet héritage vous est réservé dans les cieux, à vous que la puissance de Dieu garde par la foi, pour un salut prêt à se révéler dans les derniers temps. Aussi vous exultez de joie, même s’il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ; elles vérifieront la valeur de votre foi qui a bien plus de prix que l’or – cet or voué à disparaître et pourtant vérifié par le feu –, afin que votre foi reçoive louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ. Lui, vous l’aimez sans l’avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi. » (1 P 1,3-9)

 

L’amour

 

La foi est la porte qui nous permet d’entrer dans la communion d’amour qu’est l’Alliance entre Dieu et l’humanité, entre le Christ et l’Église. C’est par amour que Dieu nous fait la grâce d’y entrer : « Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. » (Ép 2,4-5)

 

À cet amour nous pouvons répondre grâce à l’Esprit Saint reçu au baptême. Celui-ci fait de nous des fils adoptifs du Père (cf. Rm 8,15-16), et nous communique la charité.

 Celle-ci est la seconde vertu théologale. « La charité est la vertu théologale par laquelle nous aimons Dieu par-dessus toute chose pour Lui-même, et notre prochain comme nous-mêmes pour l’amour de Dieu. » [6]

 

Tout d’abord la charité nous permet de vivre dans la communion avec Dieu, et de nous y ancrer toujours davantage. Nous n’aurons jamais fini de réaliser à quelle profondeur nous sommes unis à Dieu. L’image la plus forte et la plus suggestive est sans conteste celle du corps, souvent reprise par saint Paul, pour souligner à la fois l’intimité profonde de notre lien au Christ, et l’unité en lui de tous les baptisés. Le Concile de Vatican II a repris cette image :

« Le Fils de Dieu, dans la nature humaine qu’il s’est unie, a racheté l’homme en triomphant de la mort par sa mort et sa résurrection, et il l’a transformé en une créature nouvelle (cf. Ga 6, 15 ; 2 Co 5, 17). En effet, en communiquant son Esprit à ses frères, qu’il rassemblait de toutes les nations, il les a constitués, mystiquement, comme son corps.

« Dans ce corps, la vie du Christ se répand à travers les croyants que les sacrements, d’une manière mystérieuse et réelle, unissent au Christ souffrant et glorifié. Par le baptême, en effet, nous sommes rendus semblables au Christ : « Car nous avons tous été baptisés en un seul Esprit pour n’être qu’un seul corps » (1 Co 12, 13). » [7]

 

Cette image du corps, qui souligne on ne peut mieux l’union entre Jésus et les baptisés, permet de comprendre les affirmations de saint Paul dans son épître aux Éphésiens :

« Le Christ a aimé l’Église, il s’est livré lui-même pour elle, afin de la rendre sainte en la purifiant par le bain de l’eau baptismale, accompagné d’une parole. » (Ép 5,25-26) Jésus est devenu l’Époux de l’Église parce qu’il l’a sauvée ; et le baptême est le bain des noces qui nous fait rentrer dans l’Alliance nouvelle et éternelle.

 

Cette image des épousailles complète la précédente - celle du corps - en mettant en valeur le fait que la communion entre le Christ et les baptisés est une communion d’amour entre des personnes. Vatican II a souligné cet amour de l’Époux pour son Épouse :

« L’Église est décrite comme l’épouse immaculée de l’Agneau immaculé (Ap 19, 7 ; 21, 2.9 ; 22, 17) que le Christ « a aimée, pour laquelle il s’est livré afin de la sanctifier » (Ep 5, 26), qu’il s’est associée par un pacte indissoluble, qu’il ne cesse de « nourrir et d’entourer de soins » (Ep 5, 29) ; l’ayant purifiée, il a voulu se l’unir et se la soumettre dans l’amour et la fidélité (cf. Ep 5, 24), la comblant enfin et pour l’éternité des biens célestes, pour que nous puissions comprendre l’amour envers nous de Dieu et du Christ, amour qui défie toute connaissance (cf. Ep 3, 19). » [8]

Il nous est bien doux de penser que Jésus nous regarde avec la tendresse d’un Époux parfaitement aimant pour son Épouse bien-aimée. Et il nous donne, par l’Esprit Saint, la capacité de répondre à son amour, grâce à la vertu théologale de charité.

Cependant, au baptême, cette vertu nous est donnée en germe, et il dépend de nous qu’elle grandisse et porte du fruit. Pour cela il nous faut entretenir une relation d’amour intense avec le Christ, principalement dans la prière quotidienne, et revenir puiser l’Esprit d’amour à la source des sacrements, tout particulièrement dans l’Eucharistie. Dans celle-ci le Christ Époux s’unit intimement à nous et renouvelle en nous sa charité. [9]

 

Celle–ci nous incite aussi à aimer « notre prochain comme nous-mêmes pour l’amour de Dieu. » C’est une nécessité, car non seulement nous sommes unis au Christ comme membres de son Corps, mais nous sommes aussi, par le fait-même, unis les uns aux autres. Vatican II a insisté sur ce point :

« Élevé sur la croix, puis entré dans la gloire, le Seigneur Jésus a répandu l’Esprit qu’il avait promis. Par lui, il appela et réunit dans l’unité de la foi, de l’espérance et de la charité, le peuple de la Nouvelle Alliance qui est l’Église, selon l’enseignement de l’Apôtre : « Il n’y a qu’un Corps et qu’un Esprit, comme il n’y a qu’une espérance au terme de l’appel que vous avez reçu ; un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Ep 4, 4-5). En effet, « vous tous, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ... Vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3, 27-28). L’Esprit Saint qui habite dans le cœur des croyants, qui remplit et régit toute l’Église, réalise cette admirable communion des fidèles et les unit tous si intimement dans le Christ, qu’il est le principe de l’unité de l’Église. » [10]

 

Le ciment de cette unité des fidèles dans le Christ, c’est l’amour donné par l’Esprit. C’est pour cela que saint Paul, dans la première épître aux Corinthiens, après avoir développé la comparaison du corps (1 Co 12), place le fameux hymne à l’amour (1 Co 13).

Si au contraire nous ne nous aimons pas, nous déchirons le Corps du Christ. Toute division entre les Églises, dans l’Église, ou dans les familles, blesse profondément le Christ Époux. Elle est comparable à une séparation ou un divorce.

 

Le remède, c’est le pardon et la réconciliation. Sur la croix, Jésus nous a obtenu le pardon de nos péchés, nous a réconciliés avec le Père, et introduits dans l’Alliance nouvelle et éternelle. C’est dans ce mystère que nous avons été plongés au baptême : « Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. » (Rm 6,3-4)

Si, après le baptême, nous péchons, nous nous coupons de Dieu et déchirons le Corps du Christ ; mais Jésus ne cesse de nous aimer avec miséricorde, de nous offrir son pardon, de nous appeler à revenir à lui. Si nous nous convertissons, et si nous nous jetons dans les bras du Père dans le sacrement de la réconciliation, il nous pardonne alors tous nos péchés.

Dans l’Église, dans nos familles, nous devons pareillement aimer jusqu’au pardon pour préserver ou restaurer la communion blessée. Jésus nous le commande : après avoir appris aux apôtres le Notre Père, il ajoute : « Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. » (Mt 6,14-15 ; cf. Mt 18, 31-35)

Il peut nous le commander parce qu’il l’a vécu sur la croix, et qu’il nous en donne la grâce par l’Esprit Saint.

 

Aimer Dieu de tout son cœur, et aimer son prochain comme soi-même, tel est bien le cœur de l’Alliance dans laquelle le baptême nous fait entrer ; et l’image du corps, dans lequel nous sommes unis intimement au Christ et les uns aux autres, nous permet de comprendre pourquoi ils sont indissociables.

L’amour des ennemis (cf. Mt 5,44) se justifie aussi par ce mystère du Corps du Christ ; en effet tous les hommes sont appelés à faire partie de celui-ci, même ses ennemis, et les baptisés qui ont divisé le Corps sont invités à revenir dans la pleine communion avec leur Seigneur et Sauveur.

Heureux ceux qui pratiquent la charité : leur vie en est transformée :

« La charité a pour fruits la joie, la paix et la miséricorde ; elle exige la bienfaisance et la correction fraternelle ; elle est bienveillance ; elle suscite la réciprocité, demeure désintéressée et libérale ; elle est amitié et communion. » [11]

 

La fidélité

 

Le baptême a établi entre Jésus et nous un lien que rien ne peut annuler: nous appartenons désormais à Jésus pour toujours. Certains, en péchant, peuvent se couper de lui, le renier, le rejeter, mais le character demeure éternellement.

Par le baptême, nous sommes entrés dans l’Alliance nouvelle avec Dieu, et celle-ci est éternelle. Nous pouvons y être infidèles, mais le Christ Époux y est fidèle pour toujours (cf. 2 Tm 2,13).

Durant tout notre pèlerinage sur la terre, nous devons donc vivre cette Alliance en prenant appui sur les vertus théologales que l’Esprit Saint nous a données en germe au baptême, et que nous ferons croître par notre fidélité.

 

De même que les époux doivent vivre quotidiennement la grâce de leur mariage, pour que leur petite église domestique soit vivante dans l’amour, de même nous devons jour après jour vivre notre Alliance avec l’Époux divin pour nous ressourcer à la source de la charité qui doit irradier toutes nos relations humaines.

« L’exercice de toutes les vertus est animé et inspiré par la charité. Celle-ci est le " lien de la perfection " (Col 3, 14) ; elle est la forme des vertus ; elle les articule et les ordonne entre elles ; elle est source et terme de leur pratique chrétienne. La charité assure et purifie notre puissance humaine d’aimer. Elle l’élève à la perfection surnaturelle de l’amour divin. » [12]

 

Cela rend nécessaire un combat spirituel, car depuis l’origine de l’humanité Satan cherche à nous détourner de Dieu, à pervertir l’amour, à diviser les hommes et à faire notre malheur. Il se sert pour cela de nos limites humaines (notre intelligence limitée est sujette à l’erreur), de nos blessures affectives, et de nos failles d’êtres pécheurs.

Jésus, l’Époux de l’Église, est parfait. Il se penche avec miséricorde sur son Église, sur chacun de nous, pour nous sanctifier jour après jour. Laissons-nous transformer par lui pour que son Épouse soit de plus en plus belle. Sûrs de sa tendresse qui nous relève, reconnaissons nos limites humaines, nos erreurs, nos faiblesses, nos blessures, nos péchés, afin que jour après jour, il nous relève de nos chutes, nous fortifie, nous guérisse, nous pardonne nos fautes, et nous élève à des sentiments divins.

 

Pour cela il a confié à son Église de puissants remèdes. Par le sacrement de réconciliation il nous pardonne tous nos péchés et nous rend la sainteté de notre baptême [13] ; par le sacrement des malades il nous guérit et nous fortifie dans les épreuves de santé [14] ; par le sacrement de l’Eucharistie [15], il nous donne un viatique, une « nourriture pour le chemin », que nous avons intérêt à recevoir tous les jours si nous le pouvons. C’est par elle que Jésus « prend soin » de son Corps et le « nourrit » (Ép 5, 29), comme fait un époux pour son épouse.

 

Branchés sur la source de notre baptême, nourris quotidiennement de l’Eucharistie, restaurés si c’est nécessaire par les sacrements de guérison (Pénitence, onction des malades), nous avancerons dans notre pèlerinage sur terre jusqu’au moment bienheureux de notre naissance au ciel, où enfin s’accomplira l’Alliance avec Dieu. Telle est notre espérance.

« L’espérance est la vertu théologale par laquelle nous désirons comme notre bonheur le Royaume des cieux et la Vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit. " Gardons indéfectible la confession de l’espérance, car celui qui a promis est fidèle " (He 10, 23). » [16]

 

La vertu d’espérance est particulièrement importante dans l’épreuve et dans le combat spirituel : c’est sur elle que prend appui notre fidélité.

« Les béatitudes élèvent notre espérance vers le Ciel comme vers la nouvelle Terre promise ; elles en tracent le chemin à travers les épreuves qui attendent les disciples de Jésus. Mais par les mérites de Jésus Christ et de sa passion, Dieu nous garde dans " l’espérance qui ne déçoit pas " (Rm 5, 5). L’espérance est " l’ancre de l’âme ", sûre et ferme, " qui pénètre ... là où est entré pour nous, en précurseur, Jésus " (He 6, 19-20).

« Elle est aussi une arme qui nous protège dans le combat du salut : " Revêtons la cuirasse de la foi et de la charité, avec le casque de l’espérance du salut " (1 Th 5, 8). Elle nous procure la joie dans l’épreuve même : " avec la joie de l’espérance, constants dans la tribulation " (Rm 12, 12). » [17]

 

« Nous pouvons donc espérer la gloire du ciel promise par Dieu à ceux qui l’aiment (cf. Rm 8, 28-30) et font sa volonté (cf. Mt 7, 21). En toute circonstance, chacun doit espérer, avec la grâce de Dieu, " persévérer jusqu’à la fin " (cf. Mt 10, 22 ; cf. Cc. Trente : DS 1541) et obtenir la joie du ciel, comme l’éternelle récompense de Dieu pour les bonnes œuvres accomplies avec la grâce du Christ. Dans l’espérance l’Église prie que " tous les hommes soient sauvés " (1 Tm 2, 4). Elle aspire à être, dans la gloire du ciel, unie au Christ, son Époux. » [18]

 

Comme l’attitude de beaucoup devant la mort changerait s’ils considéraient celle-ci comme l’entrée au repas des noces où, sous le regard d’amour du Père, l’Église sera unie à son Époux, dans l’étreinte de l’Esprit Saint, pour une béatitude éternelle ! Pourtant Jésus a comparé le Royaume de Dieu à un banquet de noces (cf. Mt 22,1-14 ; 25,1-13), et le Nouveau Testament s’achève sur cette vision grandiose : « la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari. » (Ap 21,2) [19]

 

Dans ce point, nous avons médité sur notre entrée dans l’Alliance au baptême. Ce qui est inauguré ce jour-là aboutira pour nous, si nous y sommes fidèles, dans la gloire du Ciel :

«Le " sceau du Seigneur " (" Dominicus character " : S. Augustin, ep. 98, 5: PL 33, 362) est le sceau dont l’Esprit Saint nous a marqués " pour le jour de la rédemption " (Ep 4, 30 ; cf. Ep 1, 13-14 ; 2 Co 1, 21-22). " Le Baptême, en effet, est le sceau de la vie éternelle " (S. Irénée, dem. 3). Le fidèle qui aura " gardé le sceau " jusqu’au bout, c’est-à-dire qui sera resté fidèle aux exigences de son Baptême, pourra s’en aller " marqué du signe de la foi " (MR, Canon Romain 97), avec la foi de son Baptême, dans l’attente de la vision bienheureuse de Dieu – consommation de la foi – et dans l’espérance de la résurrection. » [20]

Puisse-t-il en être ainsi pour chacun de nous ! Amen. 

 

 

[1]     Préliminaires du rituel du baptême des enfants en âge de scolarité, n°7. Cf. CEC n° 1253-1254.

 

[2]     Cf. CEC n° 1263-1264. Le CEC présente le sacrement du baptême du n°1213 au n° 1284.

 

[3]     CEC n° 1272.

 

[4]     Je préfère garder le mot latin.

 

[5]     Cf. CEC n° 1812 à 1816.

 

[6]     CEC n° 1822. Sur la charité, cf. les numéros suivants : 1823 à 1829.

 

[7]     Lumen gentium n°7.

 

[8]     Ibid. n° 6.

 

[9]     Cf. CEC n° 1391-1392.

 

[10]    Vatican II, Décret sur l’œcuménisme Unitatis redintegratio, n°2.

 

[11]    CEC n° 1829.

 

[12]    CEC n° 1827.

 

[13]    Cf. CEC n° 1422 à 1498 : Le sacrement de pénitence et de réconciliation.

 

[14]    Cf. CEC n° 1499 à 1532 : L’onction des malades.

 

[15]    Cf. CEC n° 1322 à 1419 : Le sacrement de l’Eucharistie.

 

[16]    CEC n° 1817.

 

[17]    CEC n° 1820.

 

[18]    CEC n° 1821.

 

[19]    Sur la vie éternelle, cf. CEC n° 1020 à 1060.

 

[20]    CEC n° 1274.