LE SACREMENT DU MARIAGE (Ép 5, 21-23)

Après ces préliminaires, un peu longs mais loin d’être inutiles, nous sommes en mesure de comprendre en quoi le mariage entre baptisés est le sacrement de l’Alliance entre le Christ et l’Église. Saint Paul nous donne des pistes pour notre réflexion dans le passage de la lettre aux Éphésiens sur lequel nous nous appuyons.

 

« 21 Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ; 22 les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ; 23 car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l’Église, le Christ est la tête (…).

« 25 Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église, il s’est livré lui-même pour elle (…).

« 28 Les maris doivent aimer leur femme comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime soi-même. 29 Jamais personne n’a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. (…) Comme dit l’Écriture : 31 À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.

 « 33 Pour en revenir à vous, chacun doit aimer sa propre femme comme lui-même, et la femme doit avoir du respect pour son mari. »

 

À partir de ce texte, avec la lumière de l’Esprit Saint et en prenant toujours appui sur l’enseignement sûr de l’Église, nous allons essayer de comprendre ce qu’est le sacrement du mariage ; en quoi consiste le lien indissoluble qui unit les époux ; comment ceux-ci peuvent développer leur alliance en prenant appui sur ses trois piliers ; puis nous affronterons la question délicate de la soumission entre époux.

 

1. Mariage naturel et sacrement

 

S’il y a plus de deux milliards de baptisés sur terre, cinq milliards d’hommes ne sont pas baptisés, et vivent donc leur mariage selon l’ordre naturel. Certains d’entre eux d’ailleurs connaissent une belle communion humaine que pourraient envier bien des couples chrétiens !

 

Cela ne doit pas nous surprendre, car le mariage a été institué par Dieu, et même après la faute originelle, il conserve sa valeur intrinsèque et ses exigences. Pie XI le rappelait : « Même dans l’état de nature, et en tout cas bien avant d’être élevé à la dignité d’un sacrement proprement dit, le mariage a été divinement institué de manière à impliquer un lien perpétuel et indissoluble, qu’aucune loi civile ne peut plus dénouer ensuite. C’est pourquoi, bien que le mariage puisse exister sans le sacrement – c’est le cas du mariage entre infidèles, - il doit, même alors, puisqu’il est un mariage véritable, garder – et il garde en effet – ce caractère de lien perpétuel qui, depuis l’origine, est de droit divin. » [1] L’Église considère comme un véritable mariage un mariage entre non baptisés, ou entre chrétiens d’autres Églises.

 

De nos jours, beaucoup de catholiques vivent comme les « infidèles » évoqués par Pie XI, et ne jugent pas utile de se marier à l’Église, voire de se marier civilement. Déjà en 1981 dans Familiaris consortio saint Jean-Paul II se préoccupait de ces baptisés qui sont mariés seulement civilement (Cf. FC n° 82) ou vivent en « union libre » (Cf. FC n° 81). Souvent ils considèrent qu’ils ne sont pas concernés par le mariage chrétien, et pensent non seulement qu’ils peuvent donc se séparer s’ils le veulent, mais que, divorcés, ils peuvent même par la suite, s’ils le désirent, se marier religieusement à l’Église.

 

En réalité ils oublient que le mariage même naturel a été institué par Dieu et qu’ils sont tenus à l’unité et à l’indissolubilité. En outre, si des baptisés ne se marient pas religieusement, bien qu’ils aient l’intention de fonder un couple et une famille, leur choix est « en contradiction avec leur vocation de baptisés à s’épouser dans le Seigneur », affirme saint Jean-Paul II (FC n° 7) ; et il ajoute : « L'action pastorale tendra à faire admettre la nécessaire cohérence entre le choix de vie et la foi que l'on professe, et elle s'efforcera de faire tout ce qui est possible pour amener ces personnes à régulariser leur situation selon les principes chrétiens. Tout en faisant preuve à leur égard d'une grande charité et en les amenant à participer à la vie des diverses communautés, les pasteurs de l'Église ne pourront malheureusement pas les admettre aux sacrements. » (FC n° 82)

 

Saint Jean-Paul II souligne la cohérence qu’il doit y avoir entre le choix de vie et la foi. Deux baptisés sont intimement unis chacun au Christ ; ils ont reçu le character qui signifie leur appartenance au Christ, et qui constitue pour eux une exigence à « vivre dans le Christ ». Puisqu’ils sont déjà tous les deux membres du Corps du Christ, lorsqu’ils se marient, ils ne peuvent normalement le faire que dans le Christ, et leur mariage devient alors le sacrement de l’Alliance entre le Christ et l’Église - dont ils sont membres.

 

Ceci nous aide à comprendre ce qu’est le sacrement du mariage. Voici comment, à la suite de saint Paul en Ép 5, saint Jean-Paul II le définit dans un passage de FC :

« La communion entre Dieu et les hommes trouve son accomplissement définitif en Jésus-Christ, l'époux qui aime et qui se donne comme Sauveur de l'humanité en se l'unissant comme son corps. Il révèle la vérité originelle du mariage, la vérité du «commencement» (Cf. Gn 2, 24; Mt 19, 5) et, en libérant l'homme de la dureté du cœur, le rend capable de la réaliser entièrement.

« Cette révélation parvient à la plénitude définitive dans le don d'amour que le Verbe de Dieu fait à l'humanité en assumant la nature humaine et dans le sacrifice que Jésus-Christ fait de lui-même sur la croix pour son Épouse, l'Église. Dans ce sacrifice se manifeste entièrement le dessein que Dieu a imprimé dans l'humanité de l'homme et de la femme depuis leur création (Cf. Ep 5, 32-33); le mariage des baptisés devient ainsi le symbole réel de l'alliance nouvelle et éternelle, scellée dans le sang du Christ. » (FC n° 13 - début)

 

Le mot « symbole » signifie « rapprochement » de deux éléments, et est synonyme ici de « comparaison ». Saint Paul et saint Jean-Paul II comparent l’alliance des époux avec celle du Christ et de l’Église. Mais dans le cas d’une simple comparaison, si l’un des termes disparaît, la comparaison n’a plus de raison d’être. Dans le cas présent, lorsque le mariage humain se brise, on pourrait alors en déduire – et certains l’ont fait – que le symbole disparaît, et que les conjoints séparés peuvent même former un nouveau couple qui deviendra symbole de l’union du Christ et de l’Église. C’est une grave erreur.

 

Le symbolisme du sacrement du mariage est beaucoup plus fort, c’est pourquoi saint Jean-Paul II parle de symbole réel. L’adjectif réel appliqué au sacrement de mariage a la même force que lorsqu’on parle de présence réelle de Jésus dans le sacrement de l’Eucharistie. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : le sacrement du mariage à la fois symbolise et rend visible l’Alliance du Christ avec l’Église, et en même temps rend Jésus réellement présent au cœur de la relation des époux chrétiens. On dit parfois qu’ils se marient avec lui ; il est plus juste de dire qu’ils se marient en lui.

 

Autrement dit : le sacrement est le signe que la grâce du Christ est à l’œuvre, par l’Esprit, dans la vie des époux ; et c’est un signe efficace : il produit la grâce dont les époux ont besoin pour s’aimer comme le Christ aime l’Église. « L'Esprit, que répand le Seigneur, leur donne un cœur nouveau et rend l'homme et la femme capables de s'aimer, comme le Christ nous a aimés. L'amour conjugal atteint cette plénitude à laquelle il est intérieurement ordonné, la charité conjugale: celle-ci est la façon propre et spécifique dont les époux participent à la charité du Christ se donnant lui-même sur la croix, et sont appelés à la vivre. » (FC n° 13 (suite) ; cf. CEC n° 1661)

 

Pour le dire plus simplement, lorsqu’un mari, suivant l’exhortation de saint Paul, aime son épouse comme le Christ aime l’Église, c’est le Christ qui aime l’épouse à travers lui ; et quand l’épouse se soumet à son mari, elle participe à l’amour de l’Église qui met toute sa confiance dans le Christ, son divin Époux, elle aime le Christ dans son époux. L’amour humain se trouve ainsi purifié, fortifié, et élevé au point qu’il prend une valeur d’éternité. Telle est la grandeur du sacrement du mariage ! Il suscite l’émerveillement : « Quel couple que celui de deux chrétiens, unis par une seule espérance, un seul désir, une seule discipline, le même service ! Tous deux enfants d’un même Père, serviteurs d’un même Maître ; rien ne les sépare, ni dans l’esprit ni dans la chair ; au contraire, ils sont vraiment deux en une seule chair. Là où la chair est une, un aussi est l’esprit (Tertullien, ux. 2, 9 ; cf. FC 13). » (CEC n° 1642)

 

2. Le lien entre les époux

 

Les deux éléments indispensables pour que se contracte le lien du mariage sont le consentement libre des époux et l’apposition du sceau de Dieu sur leur engagement. L’Église affirme que les époux sont alors comme consacrés dans le sacrement du mariage.

 

C’est le consentement libre des époux qui fait le mariage. Le CEC explique : « Les protagonistes de l’alliance matrimoniale sont un homme et une femme baptisés, libres de contracter le mariage et qui expriment librement leur consentement. « Être libre » veut dire :

  • ne pas subir de contrainte ;

  • ne pas être empêché par une loi naturelle ou ecclésiastique.

« L’Église considère l’échange des consentements entre les époux comme l’élément indispensable "qui fait le mariage" (CIC, can. 1057, § 1). (…)

« Le consentement consiste en un " acte humain par lequel les époux se donnent et se reçoivent mutuellement " (GS 48, § 1 ; cf. CIC, can. 1057, § 2). (…) Ce consentement qui lie les époux entre eux, trouve son accomplissement en ce que les deux "deviennent une seule chair" (cf. Gn 2, 24 ; Mc 10, 8 ; Ep 5, 31). » (CEC n° 1625 à 1627)

 

Ceci est valable pour tout mariage naturel d’ailleurs. Ce consentement est si important que l’on entend dire parfois que les fiancés « se donnent le sacrement du mariage ». Cette expression n’est pas juste, car si les époux sont les ministres du sacrement du mariage, ils n’en sont pas l’auteur.

 

Pour qu’il y ait sacrement, en effet, il faut que le Christ lui-même s’engage avec les époux qui se marient en lui. Le prêtre qui bénit leur engagement est là pour signifier cet engagement : « Le consentement par lequel les époux se donnent et s’accueillent mutuellement, est scellé par Dieu lui-même (cf. Mc 10, 9). De leur alliance " une institution, que la loi divine confirme, naît ainsi, au regard même de la société " (GS 48, § 1). L’alliance des époux est intégrée dans l’Alliance de Dieu avec les hommes : " L’authentique amour conjugal est assumé dans l’amour divin " (GS 48, § 2). » (CEC n° 1639)

 

Le lien qui naît de l’engagement des époux scellé par Dieu dans le sacrement du mariage est perpétuel et exclusif. « Le lien matrimonial est donc établi par Dieu lui-même, de sorte que le mariage conclu et consommé entre baptisés ne peut jamais être dissous. Ce lien qui résulte de l’acte humain libre des époux et de la consommation du mariage, est une réalité désormais irrévocable et donne origine à une alliance garantie par la fidélité de Dieu. Il n’est pas au pouvoir de l’Église de se prononcer contre cette disposition de la sagesse divine (cf. CIC, can. 1141). (CEC n° 1640)

 

Cet engagement du mariage est pour les époux une quasi-consécration, que nous pouvons mettre en parallèle avec la consécration religieuse. Dans celle-ci, les religieux se consacrent totalement à Dieu, au point que les religieuses – comme sainte Thérèse de Lisieux [2] – aiment à dire que Jésus devient alors leur Époux. Cette consécration est perpétuelle et exclusive, si bien qu’un religieux ne peut plus, dès lors, contracter validement mariage. Une personne mariée validement, de même, ne peut pas non plus, par exemple après un divorce, devenir religieux ou religieuse.

 

Cependant, si l’Église affirme que les époux sont consacrés par le Seigneur dans le sacrement du mariage, elle ne parle pas de « consécration » du mariage. Elle nuance son expression : « Dans le mariage chrétien, les conjoints sont fortifiés et comme consacrés par un sacrement spécial pour les devoirs et la dignité de leur état " (CIC, can. 1134). » (CEC n° 1638) Il y a bien sûr une différence entre l’engagement des religieux et celui des époux, et les circonstances dans lesquelles ils vivent cet engagement ne sont pas du tout les mêmes.

 

Ce qui reste commun c’est le caractère perpétuel et exclusif de cet engagement, et le fait que de celui-ci découle la grâce qui va leur permettre, les uns et les autres, de vivre « les devoirs et la dignité de leur état ».

 

Cet engagement du mariage est donc si important pour les époux qu’ils doivent constamment raviver cette source pour qu’elle irrigue toute leur vie. Aussi, de même que les baptisés renouvellent tous les ans, durant la veillée pascale, les promesses de leur baptême, de même les époux, le jour anniversaire de leur mariage, ont intérêt à renouveler l’engagement de leur mariage pour que la grâce de Dieu puisse continuer à transformer leur amour en le rendant toujours plus semblable à l’amour du Christ Époux pour son Épouse, l’Église.

 

Ce jour-là, s’ils peuvent participer ensemble à l’Eucharistie c’est encore mieux, car ils communient ainsi de la façon la plus intime au Christ Époux ; et comme ils le reçoivent tous deux dans la communion eucharistique, leur lien s’en trouve renforcé car, communiant au même Corps du Christ, ils ne sont plus en lui qu’un seul corps (Cf. 1 Co 1, 16-17).

 

3. Comment vivre la grâce du sacrement jour après jour

 

Nous lisions plus haut : « Dans le mariage chrétien, les conjoints sont fortifiés et comme consacrés par un sacrement spécial pour les devoirs et la dignité de leur état " (CIC, can. 1134). » (CEC n° 1638) Le mariage entre chrétiens a toutes les qualités du mariage naturel, mais lorsque les baptisés se marient dans le Christ, la grâce leur est donnée et tout est transformé. C’est ce qu’affirme saint Jean-Paul II : « Le contenu de la participation à la vie du Christ est aussi spécifique: l'amour conjugal comporte une totalité où entrent toutes les composantes de la personne - appel du corps et de l'instinct, force du sentiment et de l'affectivité, aspiration de l'esprit et de la volonté -; il vise une unité profondément personnelle, celle qui, au-delà de l'union en une seule chair, conduit à ne faire qu'un cœur et qu'une âme; il exige l'indissolubilité et la fidélité dans la donation réciproque définitive; et il s'ouvre sur la fécondité (cf. encyclique Humanae vitae, n. 9). En un mot, il s'agit bien des caractéristiques normales de tout amour conjugal naturel, mais avec une signification nouvelle qui, non seulement les purifie et les consolide, mais les élève au point d'en faire l'expression de valeurs proprement chrétiennes. » (FC fin du n° 13)

 

Saint Jean-Paul II le déplorait : beaucoup de baptisés ne se marient pas à l’église. Ils partagent alors la situation de ceux qui vivent un mariage naturel, qui, institué par Dieu, a certes sa valeur et ses exigences. Mais les époux sont des êtres limités, blessés et pécheurs. Comment vont-ils faire face aux difficultés qui ne manqueront pas de se présenter ? Comment vont-ils conserver et parfaire leur unité ? Cela leur sera bien difficile, nous le verrons.

 

Dans le sacrement du mariage, au contraire, le Christ est avec les époux pour les accompagner durant toute leur vie. (Cf. Vatican II, LG n° 48 § 2)

Dans le mariage sacramentel, l’amour des époux trouve « une signification nouvelle qui, non seulement les purifie et les consolide, mais les élève au point d'en faire l'expression de valeurs proprement chrétiennes », affirme saint Jean-Paul II.

La grâce du sacrement purifie l’amour des époux : « Le Christ leur donne la force de le suivre en prenant leur croix sur eux, de se relever après leurs chutes, de se pardonner mutuellement, de porter les uns les fardeaux des autres (cf. Ga 6, 2). » (CEC n° 1642)

La grâce du sacrement consolide l’amour des époux : « Cette grâce propre du sacrement du Mariage est destinée à perfectionner l’amour des conjoints, à fortifier leur unité indissoluble. Par cette grâce " ils s’aident mutuellement à se sanctifier dans la vie conjugale, dans l’accueil et l’éducation des enfants " (LG 11 ; cf. LG 41). » (CEC n° 1641)

La grâce du sacrement élève l’amour des époux « au point d'en faire l'expression de valeurs proprement chrétiennes ». En effet, les époux participent alors à la charité du Christ, comme nous l’avons vu dans le premier point. La grâce du sacrement leur permet « d'imiter et de revivre l'amour même de donation et de sacrifice que le Seigneur Jésus nourrit pour l'humanité entière. » (FC n° 49)

 

La famille église domestique

Nous avons pris le temps de réfléchir à la relation sponsale entre le Christ et l’Église, dont l’amour des époux est le sacrement. Les conjoints baptisés sont d’abord membres de l’Église qui répond à l’amour de son divin Époux en vivant les vertus théologales.

 

En se mariant dans le Christ, les époux chrétiens deviennent alors une petite « église domestique » : « " La famille chrétienne constitue une révélation et une réalisation spécifiques de la communion ecclésiale ; pour cette raison, ... elle doit être désignée comme une église domestique " (FC 21 ; cf. LG 11). Elle est une communauté de foi, d’espérance et de charité ; elle revêt dans l’Église une importance singulière comme il apparaît dans le Nouveau Testament (cf. Ep 5, 21-6. 4 ; Col 3, 18-21 ; 1 P 3, 1-7). » (CEC n° 2204)

 

Il y a ainsi une interaction réciproque entre l’Église et la famille chrétienne : C’est dans l’Église que les époux reçoivent le sacrement du mariage et toutes ses grâces ; puis en faisant baptiser leurs enfants et en les éduquant religieusement, ils construisent l’Église. (Cf. FC n° 15 ; 49 à 64)

 

La capacité de donner la vie est un don merveilleux du Père : « La famille chrétienne est une communion de personnes, trace et image de la communion du Père et du Fils dans l’Esprit Saint. Son activité procréatrice et éducative est le reflet de l’œuvre créatrice du Père. » (CEC n° 2205) « Ils deviennent coopérateurs avec Dieu pour donner la vie à une autre personne humaine. » (FC n° 14) C’est pourquoi leur fonction éducative est si importante et reconnue par l’Église : « Grâce au sacrement de mariage, la mission éducative est élevée à la dignité et à la vocation d'un «ministère» authentique de l'Église au service de l'édification de ses membres. Ce ministère éducatif des parents chrétiens est si grand et si beau que saint Thomas n'hésite pas à le comparer au ministère des prêtres. » (FC n° 38)

 

Nous réalisons ici encore l’imbrication étroite entre l’Église et la famille église domestique. Le Christ est l’unique Grand Prêtre de l’Alliance nouvelle et éternelle ; mais il donne aux baptisés de participer à sa fonction sacerdotale. (Cf. LG n°34) Dans l’Église il en choisit et les appelle pour qu’ils soient consacrés par le sacrement de l’ordre et deviennent ses prêtres. Dans l’église domestique, du fait de la quasi-consécration du mariage, les époux sont ministres du sacrement, spécialement dans leur tâche éducative.

 

Conformément au dessein créateur de Dieu, la famille chrétienne a pour vocation de devenir comme l’Église, et dans l’Église, une communauté de vie et d’amour. Elle en reçoit la capacité par le sacrement du mariage. « La famille a la mission de devenir toujours davantage ce qu'elle est, c'est-à-dire communauté de vie et d'amour dans une tension qui trouvera son achèvement - comme toute réalité créée et sauvée - dans le Royaume de Dieu. Dans une perspective qui rejoint les racines mêmes de la réalité, il faut dire que, en définitive, l'essence de la famille et ses devoirs sont définis par l'amour. C'est pourquoi la famille reçoit la mission de garder, de révéler et de communiquer l'amour, reflet vivant et participation réelle de l'amour de Dieu pour l'humanité et de l'amour du Christ Seigneur pour l'Église son Épouse. » (FC n° 17) Dans toute la partie centrale de son exhortation apostolique (Troisième partie : les devoirs de la famille chrétienne, n° 17 à 64), saint Jean-Paul II développe la manière dont elle peut y arriver.

 

Le couple humain peut-il réaliser son unité ?

Cette mission des familles chrétiennes est magnifique ; mais est-elle réalisable ? On constate en effet qu’à notre époque près de la moitié des couples échouent et divorcent : en 2012 il y a eu en France 239 840 mariages, et 125 217 divorces. Certes, tous ces couples divorcés n’étaient pas chrétiens ; mais un certain nombre d’entre eux l’étaient.

 

Les causes essentielles de ces échecs sont les blessures psychoaffectives profondes et les péchés graves contre l’amour et contre la famille. Je ne peux ici qu’évoquer brièvement ces problèmes.

 

Certains époux ont été très blessés durant leur petite enfance par leurs propres parents. Cela a commencé pour beaucoup dès le sein maternel. [3] Par exemple les enfants non désirés ont pu ressentir dès le départ un sentiment de rejet et refuser la vie. À la naissance, certaines mères très blessées n’accueillent pas bien leur enfant, et ne lui apportent pas tout l’amour dont il a besoin : il peut se sentir abandonné, et n’aura pas le goût de vivre. Il arrive que des parents commettent aussi de grosses maladresses ou que certains soient agressifs : l’enfant peut alors ressentir un grave sentiment d’injustice et se révolter…

 

Des pères également sont gravement défaillants : certains sont absents et n’assument pas leur rôle pourtant si essentiel ; d’autres sont violents et traumatisent ainsi leurs enfants ; d’autres encore, trop nombreux hélas, abusent sexuellement de leur enfant parfois très jeune. Toutes ces attitudes perturbent gravement les enfants.[4]

 

Si des mères et des pères ont de tels comportements vis-à-vis de leurs enfants, c’est parce qu’ils ont été eux-mêmes traumatisés durant leur enfance, et il en est résulté chez eux de graves problèmes psychologiques qui peuvent aller jusqu’à des troubles de la personnalité.

 

Il est évident que, lorsque ces personnes se marient, les difficultés vont être énormes dans la vie relationnelle. Sans une aide psychologique, elles risquent alors de provoquer l’éclatement du couple et de conduire au divorce. La grâce de Dieu est donnée aux époux chrétiens qui la demandent, mais elle ne dispense pas d’un travail psychologique lorsque celui-ci est nécessaire.

 

La deuxième grande cause de difficulté pour les couples est notre condition pécheresse. Nous avons vu dans notre deuxième partie en quoi a consisté le péché originel, et quelles en ont été les conséquences dramatiques pour le couple. Heureusement le Christ a pris sur lui tous nos péchés et en a obtenu le pardon du Père ; c’est pourquoi il est devenu l’Époux de l’Église, lui « le Sauveur de son Corps » (Ép 5,23).

 

Certes, « le Baptême, en donnant la vie de la grâce du Christ, efface le péché originel et retourne l’homme vers Dieu, mais les conséquences pour la nature, affaiblie et inclinée au mal, persistent dans l’homme et l’appellent au combat spirituel. » (CEC n° 405) Le but de l’éducation chrétienne est donc d’apprendre à l’enfant à résister à la concupiscence et à développer les vertus, d’apprendre à résister à la tentation et à s’appuyer, pour en triompher, sur la grâce de Dieu toujours offerte aux baptisés. Sinon ils risquent de laisser se développer en eux les péchés capitaux – la colère, l’orgueil, l’égoïsme, la luxure, l’envie…- avec tout leur cortège d’autres péchés, [5] qui nuiront grandement à la relation entre les époux.

 

La tâche est plus difficile pour les non baptisés, et pour les baptisés qui ont laissé s’endormir la foi de leur baptême au point de vivre comme des « infidèles ». S’ils portent en eux des blessures profondes, et s’ils ne sont pas conscients de la nécessité du combat spirituel, ils risquent fort de donner prise au diviseur, et d’en arriver à l’échec et à la rupture du couple.

 

Ce problème est très grave ; or « pour guérir les blessures du péché, l’homme et la femme ont besoin de l’aide de la grâce que Dieu, dans sa miséricorde infinie, ne leur a jamais refusée (cf. Gn 3, 21). Sans cette aide, l’homme et la femme ne peuvent parvenir à réaliser l’union de leurs vies en vue de laquelle Dieu les a créés " au commencement ". » (CEC n° 1608)

 

Comment le Christ vient-il en aide aux époux dans le sacrement du mariage ? Saint Jean-Paul II nous l’explique : « Le Christ renouvelle le dessein primitif que le Créateur a inscrit dans le cœur de l'homme et de la femme, et dans la célébration du sacrement du mariage il offre «un cœur nouveau»: ainsi, non seulement les époux peuvent surmonter la «dureté du cœur» (Mt 19, 8), mais aussi et surtout ils peuvent partager l'amour plénier et définitif du Christ, nouvelle et éternelle Alliance faite chair. » (FC n° 20)

 

La grâce du baptême, qui pardonne les péchés et donne la force du Saint-Esprit pour le combat spirituel, est actualisée pour les époux dans le sacrement du mariage ; c’est pourquoi, affirme saint Jean-Paul II, celui-ci doit être vécu dans le sacrement de la Rédemption.

 

Le sacrement du mariage dans le sacrement de la rédemption

Essayons de comprendre comment vivre cela. Les époux livrés à eux-mêmes sont des êtres limités, blessés et pécheurs, si bien que les piliers de leur alliance – la confiance, l’amour et la fidélité - sont fragiles, et peuvent s’effondrer. Par la grâce du sacrement du mariage, ils sont purifiés, consolidés et élevés par le Christ qui communique aux époux baptisés les vertus théologales. « La famille chrétienne (…) doit être désignée comme une église domestique (FC 21 ; cf. LG 11). Elle est une communauté de foi, d’espérance et de charité. » (CEC n° 2204)

 

La confiance. C’est la porte de l’amour. Elle est nécessaire pour qu’un homme et une femme se choisissent mutuellement et s’engagent l’un envers l’autre.

Mais si les fiançailles (ce mot est du même radical que le mot confiance) leur permettent de mieux se connaître, lorsqu’ils se marient, ils ignorent encore beaucoup de choses sur la personnalité de l’un et de l’autre.

C’est dans la vie commune, année après année, que celle-ci va se révéler vraiment, provoquant souvent des déceptions qui viennent égratigner la confiance en l’autre.

Si en plus l’un ou l’autre des conjoints a été blessé dans son enfance par des manques de confiance de la part de ses parents, il supportera difficilement chez son conjoint les attitudes qui réveilleront cette blessure. Comment faire ?

Les époux chrétiens peuvent revenir à l’engagement qu’ils ont pris le jour du mariage, et retremper leur confiance mutuelle dans la foi qu’ils ont reçue en germe au baptême, et qu’ils ont vocation à vivre dans leur mariage. Saint Jean-Paul II l’affirme :

« Cette profession de foi demande à être prolongée tout au long de la vie des époux et de la famille. Dieu, en effet, qui a appelé les époux «au» mariage continue à les appeler «dans» le mariage. Dans et à travers les faits, les problèmes, les difficultés, les événements de l'existence de tous les jours, Dieu vient à eux en leur révélant et en leur proposant les «exigences» concrètes de leur participation à l'amour du Christ pour l'Église, en rapport avec la situation particulière - familiale, sociale et ecclésiale - dans laquelle ils se trouvent. » (FC n° 51) Ils peuvent le faire le jour anniversaire de leur mariage en renouvelant leur échange de consentement, mais aussi chaque fois que cela paraît nécessaire.

 

L’amour. En se mariant, les époux ont pour projet de former une communauté de vie et d’amour. Mais quel amour veulent-ils vivre ?

Souvent au départ l’amour s’apparente à la passion et a surtout une dimension affective et sexuelle. Mais, comme l’a si bien montré Benoît XVI dans Deus Caritas est, cet amour – l’eros -, contaminé par la concupiscence, a besoin d’être purifié.

D’ailleurs très vite les époux découvrent qu’il ne se limite pas à la recherche du plaisir. Il implique aussi qu’ils prennent en charge toutes les tâches concrètes du ménage – parfois vécues comme des corvées - ; et lorsque les enfants arrivent, ce n’est pas un plaisir de se lever la nuit pour les nourrir et les changer, ou de les soigner quand ils sont malades. Pourtant les époux accomplissent toutes ces tâches, et manifestent ainsi que l’amour véritable est autre : il implique que l’on renonce à l’égoïsme, que l’on cherche d’abord le bien de l’autre, et que l’on se dévoue pour lui.

Certains époux ont du mal à passer à ce stade, à cause de leurs blessures qui font qu’ils sont plus en attente d’amour qu’en attitude de don, qui les rendent susceptibles et les poussent à la fermeture ou à la colère. En outre le « vieil homme » pécheur résiste, et les péchés bien ancrés – orgueil, égoïsme, colère, jalousie, etc. – perturbent sérieusement la relation, surtout lorsqu’on ne veut pas les reconnaître !

Les blessures et les péchés empêchent de parvenir à la communion d’amour qu’aspire à vivre le couple. Saint Jean-Paul II le savait bien : « Aucune famille n'ignore combien l'égoïsme, les dissensions, les tensions, les conflits font violence à la communion familiale et peuvent même parfois l'anéantir: c'est là que trouvent leur origine les multiples et diverses formes de division dans la vie familiale. » (FC n° 21)

Quand l’amour tiédit et que la communication s’appauvrit, la relation devient étouffante. On a l’impression d’avoir aliéné sa liberté, et on devient facilement agressif. Au lieu d’une douce harmonie, on vit une tension, un rapport de force où l’on utilise les armes soit du chantage affectif, soit de la violence verbale.

C’est le moment pour les époux chrétiens de se ressourcer dans la grâce du sacrement du mariage. « L’amour est patient » (1 Co 13,4). Saint Jean-Paul II développe : « Seul un grand esprit de sacrifice permet de sauvegarder et de perfectionner la communion familiale. Elle exige en effet une ouverture généreuse et prompte de tous et de chacun à la compréhension, à la tolérance, au pardon, à la réconciliation. »

Cet amour est une participation à l’amour du Christ qui a supporté la passion et la croix par amour pour nous, qui nous a obtenu le pardon de Dieu, et qui ainsi nous a sauvés. Par la grâce du sacrement du mariage, lorsqu’il y a des tensions, et même des divisions, « chaque famille est toujours invitée par le Dieu de paix à faire l'expérience joyeuse et rénovatrice de la «réconciliation», c'est-à-dire de la communion restaurée, de l'unité retrouvée. » (FC n° 21)

Par la grâce du sacrement du mariage, l’amour des époux est plongé dans la charité du Christ, et, renouvelé par cette vertu théologale, il devient « agapè ». « Ce terme, explique Benoît XVI, exprime l’expérience de l’amour, qui devient alors une véritable découverte de l’autre, dépassant donc le caractère égoïste qui dominait clairement auparavant. L’amour devient maintenant soin de l’autre et pour l’autre. Il ne se cherche plus lui-même – l’immersion dans l’ivresse du bonheur -, il cherche au contraire le bien de l’être aimé : il devient renoncement, il est prêt au sacrifice, il le recherche même.» ( Benoît XVI, Deus Caritas est, n°6)

Cet amour agapè rend les époux capables d’aller, jusqu’au bout de l’amour (Jn 13,1). Même en cas de séparation ils peuvent toujours aimer leur conjoint comme Jésus, par lui, avec lui et en lui, nous le verrons. Quand ils ont des difficultés, les époux chrétiens peuvent venir ressourcer leur alliance conjugale dans les sacrements. « En particulier la participation au sacrement de la réconciliation et au banquet de l'unique Corps du Christ donne à la famille chrétienne la grâce nécessaire, et la responsabilité correspondante, pour surmonter toutes les divisions et marcher vers la pleine vérité de la communion voulue par Dieu, répondant ainsi au très vif désir du Seigneur: «Que tous soient un » ( Jn 17, 21). » (FC n° 21)

 

La fidélité. Lorsqu’on se marie, c’est pour la vie, et pour les fiancés amour rime avec toujours. Le divorce, c’est pour les autres, et ce malheur ne peut les atteindre.

Pourtant, parfois très vite, les difficultés surviennent, et beaucoup de couples se séparent après seulement quelques mois de vie commune.

Pour d’autres, surtout s’ils ont des enfants, le processus de dégradation est plus lent, mais, à terme, le résultat est le même.

Par contre l’adultère et l’infidélité, banalisés par les films et les medias, sont beaucoup plus fréquents que par le passé.

Autrefois la pression sociale et l’influence de la loi divine bien connue freinaient cette évolution. Mais aujourd’hui le divorce est autorisé par la loi et banalisé ; et l’influence de l’Église n’est plus très importante dans nos sociétés occidentales, si bien que ces freins n’opèrent plus.

L’Église, quant à elle, contre vents et marées, ne cesse de rappeler la Parole de Dieu et les exigences du sacrement du mariage : « L’amour conjugal exige des époux, de par sa nature même, une fidélité inviolable. Ceci est la conséquence du don d’eux-mêmes que se font l’un à l’autre les époux. L’amour veut être définitif. Il ne peut être " jusqu’à nouvel ordre ". " Cette union intime, don réciproque de deux personnes, non moins que le bien des enfants, exigent l’entière fidélité des époux et requièrent leur indissoluble unité " (GS 48, § 1). » (CEC n° 1646)

Certes, la vie conjugale est parfois difficile, et les époux, même chrétiens, peuvent être tentés d’y mettre fin pour éventuellement se remettre en ménage et trouver ainsi le bonheur.

L’Église leur redit que ce n’est pas possible, que l’appel à la fidélité découle de la nature même du mariage. Celui-ci est le sacrement de l’Alliance du Christ et de l’Église ; or, même si l’Église se comportait comme une femme adultère, lui, Jésus, lui resterait toujours fidèle. (Cf. 2 Tm 2,13) « Par le sacrement du mariage les époux sont habilités à représenter cette fidélité et à en témoigner. Par le sacrement, l’indissolubilité du mariage reçoit un sens nouveau et plus profond. » (CEC n° 1647)

La grâce de la fidélité s’enracine dans la vertu d’espérance, et rend les époux chrétiens capables de tenir jusqu’au bout, comme Jésus, par lui, avec lui et en lui. Ils donnent alors au monde un témoignage qui l’interpelle, et l’invite à revenir à la vérité des origines : « Il peut paraître difficile, voire impossible, de se lier pour la vie à un être humain. Il est d’autant plus important d’annoncer la bonne nouvelle que Dieu nous aime d’un amour définitif et irrévocable, que les époux ont part à cet amour, qu’il les porte et les soutient, et que par leur fidélité ils peuvent être les témoins de l’amour fidèle de Dieu. Les époux qui, avec la grâce de Dieu, donnent ce témoignage, souvent dans des conditions bien difficiles, méritent la gratitude et le soutien de la communauté ecclésiale (cf. FC 20). » (CEC n° 1648)

 

Terminons par deux remarques cette esquisse de la manière dont les époux peuvent vivre du sacrement du mariage dans le mystère de la Rédemption.

 

La première concerne la grâce du sacrement. Celle-ci est toujours offerte, mais ses effets ne sont pas automatiques, surtout chez les baptisés qui se sont mariés à l’Église mais qui n’ont pas une foi vivante et qui ne pratiquent pas.

Pour que la grâce porte du fruit, il faut que les époux chrétiens la sollicitent en cultivant et en approfondissant leur relation au Christ. Qu’ils participent ensemble à l’Eucharistie (Cf. FC n° 57), si c’est possible tous les jours ; qu’ils aient recours au sacrement de réconciliation (Cf. FC n° 58), au moins une fois par mois, et chaque fois que c’est nécessaire ; qu’ils prient individuellement, en couple et en famille (Cf. FC n° 59 à 62). Ainsi de plus en plus unis et remplis de l’Esprit Saint, ils vivront de mieux en mieux la communion d’amour qu’ils ont vocation à vivre.

 

La deuxième remarque concerne le temps et la patience nécessaires pour la pleine réalisation de cette communion d’amour. L’unité du couple est réalisée en Christ le jour du mariage, mais les époux auront besoin de toute leur vie pour que cette unité se traduise en communion d’amour dans le vécu quotidien. Ils devront apprendre à vivre la complémentarité dans leurs différences, vivre des guérisons par rapport à leurs blessures, vivre une conversion permanente et un combat spirituel incessant. C’est ce que saint Jean-Paul II appelle la loi de gradualité [6] :

« Il faut une conversion continuelle, permanente, qui, tout en exigeant de se détacher intérieurement de tout mal et d'adhérer au bien dans sa plénitude, se traduit concrètement en une démarche conduisant toujours plus loin. Ainsi se développe un processus dynamique qui va peu à peu de l'avant grâce à l'intégration progressive des dons de Dieu et des exigences de son amour définitif et absolu dans toute la vie personnelle et sociale de l'homme. C'est pourquoi un cheminement pédagogique de croissance est nécessaire pour que les fidèles, les familles et les peuples, et même la civilisation, à partir de ce qu'ils ont déjà reçu du mystère du Christ, soient patiemment conduits plus loin, jusqu'à une conscience plus riche et à une intégration plus pleine de ce mystère dans leur vie. » (FC n° 9) [7]

 

[1]  Pie VI, cité par Pie XI dans son encyclique Casti conubii sur le mariage, au n° 29.

 

[2]  Cf. sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Histoire d’une âme, ch. VIII : sa profession religieuse.

 

[3]  Cf. Nelly ASTELLI HIDALGO, La guérison des blessures reçues dans le sein maternel, éd. Saint-Paul 2007

 

[4]  J’ai abordé ces problèmes dans mon livre : Comment réussir sa paternité, éd. des Béatitudes 2012.

 

[5]  Cf. Pascal IDE et Luc ADRIAN, Les sept péchés capitaux, éd. Mame EDIFA 2002.

 

[6]  Cette loi de gradualité n’est pas la gradualité de la loi ! Cf. FC n° 34.

 

[7]  J’ai davantage développé comment le couple peut vivre la confiance, l’amour et la fidélité dans Vivre le sacrement de l’Alliance.

IV. Le mariage sacrement