1. Quand on regarde les différentes sociétés depuis l’origine, on constate que le mariage a pris des formes variées. Comment l’Église peut-elle prétendre détenir la vérité sur ce qu’est le mariage ?

Le mariage est certes une institution humaine naturelle ; mais l’Église croit qu’il a été voulu par Dieu dès l’origine de l’humanité. Elle s’appuie sur les affirmations de Jésus.

« Dans sa prédication, Jésus a enseigné sans équivoque le sens originel de l’union de l’homme et de la femme, telle que le Créateur l’a voulue au commencement : la permission, donnée par Moïse, de répudier sa femme, était une concession à la dureté du cœur (cf. Mt 19, 8) ; l’union matrimoniale de l’homme et de la femme est indissoluble : Dieu lui-même l’a conclue : " Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni " (Mt 19, 6). » (CEC 1614)

« "Dieu lui-même est l’auteur du mariage " (GS 48, § 1). La vocation au mariage est inscrite dans la nature même de l’homme et de la femme, tels qu’ils sont issus de la main du Créateur. Le mariage n’est pas une institution purement humaine, malgré les variations nombreuses qu’il a pu subir au cours des siècles, dans les différentes cultures, structures sociales et attitudes spirituelles. » (CEC 1603)

 

2. L’amour et le mariage sont affaire privée. L’Église n’outrepasse-t-elle pas son rôle en s’occupant du mariage ?

Le mariage n’est pas une affaire seulement privée : il entraîne la fondation d’une famille, avec généralement des enfants. La mise en commun de biens, et les droits des enfants doivent être sauvegardés : ces deux points occupent une place considérable dans le code civil. En outre la société prend un grand nombre de mesures en faveur des familles, leurs cellules de base.

En ce qui concerne l’Église, jusqu’au Moyen-âge il n’y avait pas nécessairement de rite, ce qui posait problème (risque de bigamie, d’abandon de la femme ou des enfants). C’est pourquoi l’Église a codifié et rendu obligatoire le rite religieux du mariage.                    

« – Le mariage introduit dans un ordo ecclésial, il crée des droits et des devoirs dans l’Église, entre les époux et envers les enfants.                                                                                       

– Puisque le mariage est un état de vie dans l’Église, il faut qu’il y ait certitude sur le mariage (d’où l’obligation d’avoir des témoins).                                                                       

– Le caractère public du consentement protège le " Oui " une fois donné et aide à y rester fidèle. » (CEC 1631)

 

3. Alors le mariage a été institué par l’Église au Moyen-âge !

La forme rituelle du mariage a été instituée à la fin du Moyen-âge pour mettre fin à des abus. Auparavant, comme il n’y avait pas toujours de rite public, les mariages pouvaient être conclus au mépris d’un empêchement (âge, consanguinité, lien conjugal antérieur…), et l’on pouvait facilement abandonner son conjoint pour épouser quelqu’un d’autre.

Mais la réalité du mariage dit « naturel » existe depuis l’origine de l’humanité. Saint Jean-Paul II l’appelait le « sacrement primordial ». D’ailleurs l’Église reconnaît la validité des mariages conclus entre non baptisés : ils sont pour elle indissolubles !

 

4. Qu’est-ce que le mariage pour l’Église ?

Quand un homme et une femme s’aiment vraiment, ils s’engagent librement l’un envers l’autre; ils sont alors liés l’un à l’autre et forment une communauté de vie et d’amour pour toujours ; celle-ci a pour but leur bien, ainsi que la génération et l’éducation des enfants (cf. CIC 1055 § 1 ; CEC 1601).

 

5. Un homme et une femme… L’Église ne devrait-elle pas vivre avec son temps et accepter le mariage entre personnes homosexuelles ?

Dieu, qui est « l’auteur du mariage », a institué le mariage entre un homme et une femme, comme communauté de vie et d’amour, ce qui suppose une altérité et implique la fécondité naturelle…

L’Église comprend la souffrance des personnes homosexuelles, et « les accueille avec respect, compassion et délicatesse » (CEC 2358). Mais pour l’Église il ne peut y avoir de mariage entre elles (cf. CEC 2357 à 2359).

 

6. Pourquoi disiez-vous « s’aiment vraiment » (Q 4)?

D’abord parce qu’il doit s’agir d’un amour qui ne se réduit pas au sentiment ou à la sexualité (cf. II). Ensuite parce qu’il y a des personnes qui, malheureusement, ne sont pas capables d’assumer l’engagement ou les obligations du mariage : handicapés mentaux, malades psychiques, personnes très immatures… Dès lors, si ces personnes se marient quand même, leur mariage n’est pas valide (cf. VII : la nullité du mariage)

 

7. Comment est scellé le mariage ?

C’est le consentement des fiancés reçu par l’Église qui fait le mariage ; c’est pourquoi il doit être libre et sans contrainte. Sinon ce mariage ne sera pas valide (cf. CEC 1625 à 1629). Et les époux doivent aussi accepter tous les fondements du mariage.

 

8. Quels sont ces fondements ?

  • Le premier est la totale liberté de ceux qui s’engagent, nous venons de le voir.

  • Le deuxième est l’unicité du couple. Le mariage unit un seul homme à une seule femme, tous deux égaux en dignité et en droits (cf. FC 22 à 24). L’adultère et la polygamie sont contraires à cette unicité. 

  • Le troisième est l’indissolubilité. Le mariage, même naturel, est pour toute la vie (cf. FC 19). On ne peut se marier à l’essai, ni pour un temps (cf. FC 80). La séparation, et surtout le divorce, contredisent cette indissolubilité du mariage.          

  • Le quatrième fondement est l’accueil de la vie. « Les enfants sont le don le plus excellent du mariage » (GS 50 § 1). Certains couples, malheureusement, ne peuvent pas avoir d’enfant, et c’est une grande souffrance pour eux. Mais d’autres refusent d’en avoir, alors qu’ils le pourraient ; dès lors, pour l’Église, leur mariage n’est pas valide parce qu’ils excluent l’un des fondements essentiels du mariage.